MOUZAOUI/2

Devant ma table, de temps à autre, il y a une vague , elle traverse la rue et se disperse dans les immeubles voisins. Elle croise, timide, le reflux de ceux qui courent à toutes jambes pour prendre le 127  en partance.

je ne suis jamais las de regarder qui va réussir à monter dans le bus.

Une affection me gagne presque, pour ceux et celles, les moins véloces qui ratent le 127, ralentis par des oisifs qui arpentent la rue sans autre but que d'avancer ou de se tenir à une canne.


c'est avec eux que je peux inscrire ces mots d'ici. Ceux et celles dont le voyage n'est pas le but à atteindre mais la distance à parcourir.Qui mettent le temps en parenthèse.

ils ont des noms magnifiques "défelicita-Angele", ils évoquent un autre temps "Robert", ou une autre contrée "Mouzaoui".


Tiens, parlons encore de lui. Ils errent là souvent, je découvre que c'est "un champion de France de judo" un jour.

Il me montre un article de journal. On le voit à l'honneur.

Aujourd'hui il me donne deux photos.



Observez, ce sont les maires de Montreuil, l'ancien et le nouveau.

Pourquoi lui, comment se retrouvent-ils là, côte à côte ?

Le sait-il lui-même? Peut-être pour lui, l'important c'est d'être sur la photo.

Comme une marque du temps qui reste à la postérité.

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